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LE CENTRE MEDHAT FAWZY

Au cours des siècles l'art du bâton s'est transmis dans les campagnes égyptiennes et reste profondément ancré : il n'est pas une fête sans que les hommes se mettent en cercles et commencent leur souple parade. Et même en ville on peut voir en fin de soirée des hommes tomber leur veste occidentale et se mettre à danser armés de bâtons de fortune. Le TAHTIB est donc une tradition vivante, même si on en voit peut-être trop souvent des formes affadies par le manque de transmission et l'utilisation qui en est fait jusque dan les publicités télévisuelles, ou dénaturées en un sport de combat, sorte de mièvre kung-fu arabe... Tout récemment le TAHTIB est même apparu sur les cannettes de la plus populaire bière égyptienne, la Stella...

 

Mais dans la petite ville de Mallawi à 250km au sud du Caire, dans la région-même où furent retrouvées les représentations pharaoniques les plus proches des pratiques contemporaines, une forme inédite de transmission est à l'oeuvre depuis plus de 20 ans.

Le Centre Medhat Fawzy, du nom de l'un des plus grands jouteurs de la Haute Egypte aujourd'hui décédé, formé par les maîtres, héritier désigné de la tradition à laquelle il aura dédié sa vie, et responsable de sa transmission, est en effet un lieu en tous points singuliers dans le paysage artistique égyptien.

 

Fondé en 1996 en collaboration avec la compagnie de théâtre El Warsha du Caire dont Medhat Fawzy était partie intégrante, installé dans un sublime cinéma anglais abandonné des années 40 (on imagine sans peine le cinéaste Andreï Tarkovsky y filmer !), le Centre est la première et à ce jour unique école de TAHTIB en Égypte. L'école animée par les proches de Medhat Fawzy transmet la tradition selon les préceptes qu'il avait mis au point. Sa survie tient du miracle égyptien de la culture indépendante : El Warsha trouve ainsi bon an mal an depuis 20 ans (une année auprès d'une fondation hollandaise, une autre auprès des suédois, une autre encore sur ses fonds propres...) de quoi payer le loyer, donner un modeste salaire aux formateurs et défrayer les apprenants. Et certains soirs on peut voir une poignée de garçons d'une dizaine d'années s'exercer en short et maillot de sport... juste avant de partir à l'entraînement de foot...​

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